Se servir de ses épreuves

À la fois logique et intuitive, douée pour les arts et les sciences, Christine Schwab est affligée dans sa jeunesse d’une timidité qui la freine dans ses élans. Elle se croit différente des autres. De plus, à 20 ans, une grave maladie la frappe et change ses projets d’avenir : l’hépatite B chronique. À cause de son système immunitaire à plat, elle souffre ensuite de fibromyalgie et deux fois de mononucléose.

«Je n’ai pas voulu croire que cette souffrance n’avait pas de sens. Ce qui m’a aidée, c’est la détermination et la spiritualité que j’ai su cultiver.» Cette spiritualité, elle lui donne un sens très personnel, qui guide encore aujourd’hui son cheminement. J’ai toujours senti une présence, une essence que je n’appelle pas Dieu. Plus tard, j’ai fait beaucoup de méditation. Ça ma permis de développer un courage que je n’aurais peut-être pas trouvé autrement.»

Elle abandonne ses études en microbiologie pour se tourner vers la psychologie : un changement de voie sage et positif. Qui porte bientôt ses fruits. «J’ai appris à communiquer, à combattre ma timidité, à aider les autres tout en m’aidant moi-même.» Elle se spécialise dans les problèmes de santé physique et reçoit à l’hôpital Notre-Dame une formation à la méthode ÉCHO, approche qui vise à créer les conditions propices à l’autoguérison. Elle enseigne cette méthode et y a recours pour elle-même pendant cinq ans. Avec succès, dit-elle : d’après les tests, le virus de l’hépatite B a disparu.

Grâce à sa détermination, elle passe aussi à travers d’un grand chagrin d’amour. «C’était l’homme de ma vie, mais ce n’était pas réciproque. Mais à cela aussi, on survit.»

En 2001, elle passe le test Mensa d’évaluation de l’intelligence permettant si elle se classe parmi les 2 % de gens surdoués dans la population. Une graine semée de curiosité mais qui lui vaut une récolte abondante : elle réussit le test et se fait des amis parmi les membres de l’association. Ces athlètes de la matière grise deviennent pour elle une deuxième famille. «Moi qui étais plutôt solitaire, c’est la première fois de ma vie que j’ai senti une appartenance à un groupe.»

Maintenant que sa santé s’est améliorée, elle est déterminée à acquérir l’aisance financière qui lui permettrait de «faire une différence dans le monde. Il y a tant à faire. J’aimerais aider les enfants victimes d’abus, violentés.»

Le conseil qu’elle donnerait aux femmes plus jeunes, c’est de ne jamais croire qu’un but est hors de leur portée avant d’avoir essayé de l’atteindre. «On est toujours plus forte qu’on ne le pense.»